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Maudit blizzard !
L’aube, la massue dans ma main, devant moi la plaine. Derrière moi, mes orcs, des trolls, des taurens et des morts vivants, en face les elfes, les humains, les gnomes avancent en formations.
Sang, guerre et désolation.
Un carnage, mais je suis toujours là. Dormir jusqu’à la prochaine bataille.
Je trouve une grotte humide et froide, parfaite. Toujours le même rêve.
Je ressemble à un humain, les villes sont immenses. Je me lève dans un lit horriblement chaud et doux. Bizarrement, j’aime ça. Je bois un truc noir. Je prononce des mots inconnus. Je me rends dans une pièce close, je m’assois pour travailler. Je ne sais pas trop pourquoi, d’ailleurs je m’emmerde. Je mange. Encore la pièce close. Je rentre chez moi. Pour oublier cette journée, il y a cette boite magique, une sorte de lanterne pleine d'images. A l’intérieur, un guerrier que je contrôle, berk c’est un elfe ! En plus, je massacre des orcs ! Des trolls ou des morts-vivants, passe encore ! mais des orcs !
Il y en a même un qui me ressemble.
Je suis réveillé. Rêve idiot, je retourne me battre.
Sang, guerre et désolation, encore.
Vivement ce soir !
Où la dérision est une question de survie.
Enfin, je me détache de mon corps, je vole.
Je traverse la fenêtre de ma chambre en me disant que je pourrai aussi bien passer à travers le toit. Mais ça ne me tente pas.
Je survole un peu la ville, puis vient la côte. Je ne vais pas très haut, la proximité du sol me rassure.
Je me risque au dessus des flots. Petit à petit, je m’éloigne de la rive. Je suis au dessus de la grande bleue.
Je sais qu’il existe une île où vit un grand sage, prêt à confier ses secrets à qui le trouve. J’explore donc l’horizon.
Une troupe de dauphins batifole. Je leur demande le chemin. Ils m’invitent à leurs jeux, je reste un temps avec eux, insouciante et joyeuse. Mais je me souviens du sage, il faut que je le cherche encore. Ils ne veulent pas que je parte, ils me disent que cela n’en vaut pas la peine, qu’être ici, c’est être libre et heureux. Je m’éloigne tout de même. Eux continuent de jouer, ils m’ont déjà oubliée.
Enfin, l’île tant recherchée est devant moi. Je descend jusqu’à elle, sans réussir à me poser tout à fait. Je flotte comme suspendue face au sage.
Il me dit : « je suis le Très Saint Chaman Lama, tends l’autre joue pour ouvrir tes Chakras, et évite les pommes qui alourdissent le karma, mais surtout, il faut garder un esprit ceint dans un corps fin… »
Je regarde le chaman lama, puis l’île. Il est fringué comme un play-mobile chez les indiens et les palmiers sont en plastique. Je suis à Vaticanland au Tibet.
Misère, les dauphins avaient raison.