Et si vous nous recommandiez un CD ?
Suggéré par La fée des songes.
Comme Alice, je suis passée au travers du miroir et mon reflet a pris ma place. Il est aussi étonné que moi, il ouvre des yeux tout rond et je sens les miens faire de même. Il lève la main, la mienne suit. Par jeu, curiosité ou vengeance, il se lance alors dans une drôle de danse ponctuée de mimiques absurdes. Je la répète comme ensorcelée, comme une marionnette. Soudain, il tombe et m’entraîne dans sa chute. Il semble surpris au contact du plancher, il en observe du bout des doigts la texture. Je comprends sa surprise, le sol de ce coté-ci semble d’étain ou de plomb plutôt de que bois. Il décide alors d’explorer la chambre, découvre les tissus, le rugueux, le soyeux, le rêche, le duveteux…Lancée dans la même exploration je ne rencontre que cette matière ni chaude, ni froide. Il trouve un flacon de parfum, le débouche et hume, je ne sens rien. Le soleil à travers la vitre lui apprend la chaleur, il ouvre alors la fenêtre et goûte la brise. Pour moi toujours rien. Pas un souffle. Si le rideau bouge ici, c’est qu’il imite le rideau d‘en face. J’aimerai appeler mon reflet, lui rendre sa place et reprendre la mienne. Il le devine sûrement et se tourne vers moi en riant, pour la première fois il éprouve le son de sa voix. De ma voix ! C’est alors qu’il pense à la porte, me regarde, la regarde et se dirige vers elle. Je m’approche aussi de la porte inexorablement. Alors que je sais ce qu’il va trouver, les escaliers, le séjour et la cuisine, ses délices et ma douce maman, je me demande : qu’y a-t-il pour moi derrière cette porte ? J'émerge, vaguement superposée à une photo familiale accrochée dans la descente d'escalier, puis sur celle des vacances à la mer et sur les portraits des grands parents. J'apparaît furtivement et déformée sur le pommeau cuivré de la rampe d'escalier. Me revoilà entière sur le miroir en pied de l'entrée, mon reflet m'observe, toujours amusé et se décide à aller vers la cuisine. Me voilà, vitreuse sur la carafe d'eau posée sur la table, il cherche à s'en saisir, mais n'ayant jamais éprouvé le poids d'un objet, la laisse tomber. Me voici à terre fragmentée, dans les bouts de verre et les gouttelettes éparses et troublée dans la flaque. La conscience parcellaire, éparpillée et distendue, je commence à douter. Qui est le reflet de l'autre ? Et mon âme achève de s'étioler, quand je me retrouve humide dans le regard aimant de ma mère caressant la joue de mon reflet.
Maudit blizzard !
L’aube, la massue dans ma main, devant moi la plaine. Derrière moi, mes orcs, des trolls, des taurens et des morts vivants, en face les elfes, les humains, les gnomes avancent en formations.
Sang, guerre et désolation.
Un carnage, mais je suis toujours là. Dormir jusqu’à la prochaine bataille.
Je trouve une grotte humide et froide, parfaite. Toujours le même rêve.
Je ressemble à un humain, les villes sont immenses. Je me lève dans un lit horriblement chaud et doux. Bizarrement, j’aime ça. Je bois un truc noir. Je prononce des mots inconnus. Je me rends dans une pièce close, je m’assois pour travailler. Je ne sais pas trop pourquoi, d’ailleurs je m’emmerde. Je mange. Encore la pièce close. Je rentre chez moi. Pour oublier cette journée, il y a cette boite magique, une sorte de lanterne pleine d'images. A l’intérieur, un guerrier que je contrôle, berk c’est un elfe ! En plus, je massacre des orcs ! Des trolls ou des morts-vivants, passe encore ! mais des orcs !
Il y en a même un qui me ressemble.
Je suis réveillé. Rêve idiot, je retourne me battre.
Sang, guerre et désolation, encore.
Vivement ce soir !