Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé l’eau.
Regarder ruisseler l’eau est un luxe de maître zen, j’avais six ans quand je l’ai découvert. C’est l’été, mon grand père m’autorise à être dans ses pattes lorsqu’il s’occupe du jardin, un vaste potager en fait. Pour m’occuper, il me confie le tuyau d’arrosage. Je regarde l’eau se répandre dans la première rigole, elle progresse sans difficulté et sans précipitation. Elle arrive au bout. Je change de rangée. La terre est parfumée de fraîcheur.
J’ai douze ans. Mon père coupe le moteur, le vent s’engouffre dans les voiles. Le génois se gonfle, je suis assise à son pied, tout à l’avant du bateau. Accoudée au garde-fou, j’observe dans les remous des vagues, des univers profonds et lointains qui valent ceux des étoiles. Parfois, mon petit frère me rejoint et se blottit contre moi, en silence. C’est la mer qui nous berce.
J’ai 20 ans, la rivière est d’une pureté glaçante. Pourtant j’y entre. Il me regarde en riant. Des gouttelettes d’eau sont accrochées à ses cheveux et à ses cils. Elles brillent dans la lumière.
Dieu, que cette eau est froide. Dieu, qu’il est beau.
Ayant, du mal à ne serait-ce que jeter un livre, le concept même de l'autodafé me dépasse. Il faut en être arriver à un degré rare de sottise et de barbarie, pour se livrer à un acte aussi vain, mesquin et stupide. Pourtant l'autodafé en soi a un mérite, et non des moindres ; celui de prouver, d'affirmer, l'incroyable pouvoir des livres et la terreur qu'il inspire aux tyrans, aux régimes totalitaires et aux intégristes. Les livres, en effet, sont généralement leurs premières victimes et les autodafés ne sont souvent que les prémices, hélas, d'actes encore plus atroces. Les livres proscrits qui ont échappés au carnage deviennent alors des symboles d'une résistance silencieuse et obstinée, et à travers leur préservation et leur transmission, des parcelles de liberté.
Je ne suis pas fan de leur musique, mais j'adore ce clip. Une belle trouvaille graphique, à mon goût.
« Passe passera la dernière la dernière
Passe passera la dernière y restera… »
Elles s’amusent tant, elles dansent et font la ronde en riant. Leurs pas sont vifs et légers, leurs mouvements amples et déliés.
Elles s’effleurent, se frôlent et s’enlacent. Elles se fuient et se retrouvent. Elles sentent l’herbe fraîche et les fleurs coupées.
Elles se croisent, s’entrecroisent, leur rythme s’accélère. Leurs mains s’attrapent puis se lâchent. Elles chantent maintenant, un chant grave et cadencé. La sueur perle à leur front. Leur parfum se corse. Elles se déploient, leurs cœurs battent plus fort, plus vite.
Elles veulent davantage d’espace, elles veulent davantage d’air.
Leurs gestes sont désarticulés, leurs mélopées douloureuses.
La transe est saccadée. Elles veulent sortir, elles tournent en rond. Elles trépignent et fulminent. Elles se cognent, s’entrechoquent. Elles hurlent.
Elles frappent et lacèrent les murs de leur prison, elles déchirent et griffent les parois de mon crâne.
Et moi pour les faire cesser je tape, encore et encore ma tête contre le sol.
Fulgures. Copyright2007
Il y a des soirs comme ça...
Elle a posé son chiffon et s’est appuyée sur le rebord, nonchalante. Elle regarde par le fenêtre, la mer, la côte et un bateau. « Elle est un peu triste », c’est-ce que je dis à la prof qui nous présente ce tableau. « mais non ! répond elle, il n’y a rien de triste ».
Je n’insiste pas, elle continue de parler de l’œuvre, je n’écoute plus vraiment. Je regarde, la femme, la fenêtre, le chiffon abandonné, la mer et le bateau, elle me semble toujours triste, de plus en plus, à vrai dire.
Je détourne les yeux, vers la fenêtre de la classe, le ciel n’est ni bleu, ni limpide, il est gris. D’un gris qui m’agrippe, me happe et m’envahit.
Sortie du cours, je repense à la femme, s’est-elle détournée de la fenêtre, est-elle retournée à son ménage ? Était-elle vraiment triste ? A qui, à quoi pensait-elle ? existe-t-elle seulement ?
Cela doit faire pas loin de vingt ans, pourtant quand j’ai le blues, je pense à elle.
Ce soir, elle me visite, elle a fermée la fenêtre et tirée le rideau.
Personnellement, je m'intéresse peu aux prix littéraires, je laisse juste traîner une oreille, lorsque c'est la saison, pour glaner quelques titres qui me feraient envie. C'est d'ailleurs, la même chose pour les critiques dans la presse.
En fait, la meilleur façon pour moi, de trouver un livre, c'est d'errer dans une librairie.
Il m'est bien sur, arrivé de lire des romans primés, mais ce n'est à mes yeux qu'un information secondaire.
En tant, "qu'écrivaillone" qui rêve un jour de finir une histoire et de la publier, je pense, que pour un auteur qui débute, un prix peut être une excellente manière de se tester et de se faire connaître. Ensuite, ce doit être juste agréable pour l'ego du primé (élément non négligeable, chez un auteur !) et très bénéfique pour sa santé financière et celle de sa maison d'édition.
Mais cela, Aventurier l'a déjà bien expliqué, et je n'ai pas grand chose à y ajouter.
Cherbourg est surtout connue pour ses fameux parapluies et son climat plutôt controversé. Pourtant, il s'y passe parfois des choses. Par exemple, Jules Barbey d'Aurevilly, que l'on ne présente plus et un certain Guillaume Sorel y sont nés. Quel rapport me direz vous ? Et bien celui-ci : Il s'agit d'une exposition, "L'illustration ensorcelée", au musée Thomas Henry à Cherbourg-Octeville Pour en savoir plus : http://www.yozone.fr/article.php3?id_article=3936